UN CHAUD SENTIMENT
D’AISANCE ET DE MAITRISE

5e journée Bruno Guerrero
Lieu : Avenue Joffre
93800 Epinay-sur-Seine
Date : 28 septembre 2008
Classement : 1er
Souvenir : Confiance, Sensations, Gestion, Victoire

LE PARCOURS

Circuit urbain sans véritables difficultés, la course d’Epinay sur Seine déroulait, en légère pente, la très rectiligne et très roulante avenue Joffre, avant de bifurquer sur la droite sur le pont de la Résistance puis d’enchaîner par quelques virages agressifs qui faisaient passer les coureurs par la rue de Nancy, avant de leur faire emprunter celle des Carrières pour finalement débouler sur l’avenue Joffre où était donné le départ et sur laquelle se disputerait l’arrivée. Long d’environ 1,5 km, le parcours n’était cependant pas dépourvu de pièges ou de sections qui, à la longue, pouvaient se révéler usantes pour les coureurs. Qu’on en juge.
- Long et pentu, le pont de la Résistance n’aurait évidemment pas éprouvé les jeunes compétiteurs s’ils ne l’avaient avalé qu’une seule fois mais tant les Poussins que les Pupilles ou les Benjamins, tous devaient le franchir à plusieurs reprises (respectivement deux, quatre et six fois). Et de cette répétition sélective, leurs cuisses de poulets étiques firent le douloureux décompte.
- La section suivant le pont comportait quelques zones pavées qui, sans pouvoir se comparer à celles de l’enfer du Nord, se révélèrent d’autant plus délicates à négocier que l’une d’entre elles se situait dans un virage à angle droit.
- La rue de Nancy n’aurait mérité aucune remarque particulière si, anticipant le virage à 30° par lequel s’ouvrait la rue des Carrières, les stratèges et les costauds du peloton ne s’y étaient âprement disputé le privilège d’aborder la difficulté en tête. Autant dire qu’on y assista à de véritables sprints et que ça frotta pas mal dans ce coin par ailleurs paisible.
- Affligée d’une chaussée débridée et comportant de nombreuses grilles d’égout potentiellement dangereuses, la rue des Carrières était loin d’être irréprochable. Elle l’était d’autant moins que perversement, elle se terminait même par un pif-paf étréci et technique qui devant être négocié sur un revêtement déformé au point d’en être tout gondolé…
AVANT-COURSE



Un Poussin (Yannick), un Pupille (Aurélien), un Benjamin (Thomas)… à Epinay, ils n’étaient pas très nombreux les jeunes de Gagny ! Ils n’en furent que plus proches. Que ce soit pour tuer le temps ou pour reconnaître le parcours, Aurélien et Thomas restèrent collés l’un à l’autre tandis que Yannick, longtemps solidaire, finit par aller faire un tour de piste en compagnie de jeunes de son âge et des membres de son futur Club, l’E.C. Aulnay.
De son côté, encore qu’il ne faisait mine de rien, Thomas ne manqua pas de remarquer la présence de ses futurs coéquipiers de l’U.S. Créteil. Pour sa dernière course de la saison, et pour sa dernière course sous les couleurs de l’U.S.M. Gagny, il était plus que jamais motivé, désireux de briller… et impatient de s’élancer dans cette course qu’il sentait à sa portée.


GO YANNICK ! GAURELIEN !
Soutenus par leur père ou leur mère, encouragés par moi-même et leurs deux coéquipiers qui ne couraient pas, Yannick puis Aurélien s’élancèrent pour tenter de s’imposer parmi leurs pairs. S’ils n’y parvinrent pas, ce ne fut certainement pas faute de motivation car nous savons ces jeunes gens volontaires et talentueux et les avons déjà vu monter sur le podium. Le mieux classé des deux ne put faire mieux que rentrer dans les dix ! Gageons que vexés par leurs contre-performances, ces graines de champions n’en seront que plus motivés durant la saison de cyclo-cross !



THOMAS MAITRISE SON SUJET…
Portrait d’un jeune passionné en virtuose du braquet
Après avoir taquiné le vainqueur à Clichy puis à Aulnay, brillé à Stains puis à Aubervilliers, après avoir très honorablement défendu ses chances à St Barthélémy en dépit d’un problème de braquet, Thomas était très désireux de savourer une nouvelle fois l’excitation de la lutte et la griserie de la victoire.
Fort, confiant, résolu et maître de ses émotions, il attendait maintenant que soit donné le signal du départ. Lorsque celui-ci retentit, tel un fauve il bondit. Tous ses sens en alerte, tous ses muscles bandés, il se lança d’emblée vers les avant-postes. L’œil acéré et en pleine cohérence avec sa machine, il se choisit des trajectoires audacieuses avant de contribuer à durcir immédiatement la course. En sa compagnie, il y avait non seulement Teddy, son challenger habituel, mais de nouveaux et plus redoutables adversaires (notamment un gars de l’US 97 Villeneuvoise -- une équipe comportant de nombreux éléments de talent -, quelques loustics repérés dans de précédentes courses et deux futurs co-équipiers de l’US Créteil…) en compagnie desquels il joua à l’inlassable jeu du chat et de la souris.

Ce fut un véritable plaisir de voir courir Thomas ! Physiquement et psychologiquement on le sentait vraiment très fort. Loin de s’échapper à des centaines de mètres devant la foule de ses concurrents comme il le fit à Stains et Aubervilliers où il remporta ses premières victoires, on le vit, au contraire, mêlé à eux, menant, bouchant les trous, surveillant ses adversaires, les contraignant à le prendre en chasse ou profitant de leur motivation pour se protéger… Bref, il joua avec brio de toute la gamme des ficèles qui font le bon coursier.


Dangereux, opportuniste, il fit une course pleine de maîtrise et d’audace, de courage et de virtuosité. S’il l’avait vu courir, je suis sûr que Gérard Dendecker, son entraîneur, aurait été fier de lui. Son élève faisait honneur à son enseignement et mettait intelligemment en œuvre ses conseils mille fois ressassés et finalement intégrés…

Mais où est donc passé Jonathan, le coureur du
VCCB ? Alors qu’il virait au bout de Joffre pour
entamer « l’ascension » du pont de la Résistance.
Le coureur est sorti de la route pour aller se
fracasser dans les barrières de sécurité. Thomas
qui était dans sa roue a heureusement évité la chute
tandis que Jonathan, choqué, s’en sortait sans gravité.




Le sprint gagnant…

UN MINIME & UNE CADETTE PASSIONNES


Après les courses « Ecole de Cyclisme », ce furent ensuite aux minimes, puis aux cadettes de courir après la victoire. Dans la catégorie « Minimes », avec toute la hargne qu’on lui connaît, c’est Ludovic qui défendit les chances et les couleurs de l’USM Gagny. Ce coureur qui s’entraîne seul -- mais l’année prochaine lui aussi change de Club pour rejoindre le VCCB de Clichy-sous-Bois -- parvint -- et l’exploit n’est pas mince ! -- à se classer 14e d’une catégorie au sein de laquelle la concurrence est rude. Pas mal pour un trompettiste !
Chez les Cadettes, Epinay recevait de significatives délégations étrangères -- la CAIXA NOVA du Portugal et le TEAM WALLONIE dont il n’est pas nécessaire de préciser la provenance -- qui contribuèrent à durcir une course dans laquelle Ingrid, la cadette de l’USMG, ne put que sauver les meubles.
APRES-COURSES

Après sa victoire, Thomas fut salué par l’un des membres de l’US Créteil qui vint le féliciter et s’enquérir si c’était lui le Benjamin de Gagny qui devait les rejoindre pour la saison nouvelle.

Et tandis que Thomas allait recevoir son bouquet et sa coupe, aux côtés de Louis -- un autre membre de l’US Créteil avec lequel il avait eu l’occasion de rouler durant les grandes vacances -- c’est Yannick qui garda son vélo tout en rêvant d’être un jour à sa place…

Les leçons du jour
a) Gagner avec ses jambes c’est bien. Gagner avec sa tête c’est beaucoup mieux.
b) Certains adieux ressemblent à un rendez-vous.
c) C’est lorsque l’on croit que son application et ses efforts vont enfin pouvoir porter leurs fruits que tout peut s’effondrer…